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Réglementation drone : comprendre les mentions de classe, les catégories Ouverte et Spécifique et les formations obligatoires

Qui peut le plus peut le moins ?

Pourquoi cette logique ne fonctionne pas en exploitation drone


Citation attribuée à Aristote gravée sur une plaque de marbre illustrant la maxime « Qui peut le plus peut le moins » appliquée à la réglementation drone.
La logique intuitive ne suffit pas en réglementation drone : seule la cohérence entre classe du drone, catégorie d’exploitation et formation détermine ce qui est légal.

1. Une idée intuitive… mais fausse


Beaucoup pensent que si l’on possède :

  • le CATS,

  • une formation pratique STS,

  • un drone classé C5 ou C6,

alors on peut naturellement exploiter en catégorie ouverte (A1/A3 ou A2).


Ce raisonnement est logique… mais juridiquement incorrect.

Le droit européen drone repose sur une architecture précise définie par les règlements (UE) 2019/947 et 2019/945. Les catégories d’exploitation ne sont pas des niveaux hiérarchiques. Ce sont des cadres distincts.



2. Les mentions de classe : la clé d’entrée


La première question n’est pas “quel est votre niveau”, mais :

Quelle est la classe CE du drone ?

Classes C0 à C4 → Catégorie Ouverte


Détail des étiquettes de classe CE sur drones C0, C1, C2 et C3 illustrant les classes autorisées en catégorie Ouverte A1, A2 et A3.

  • C0 et C1 → A1

  • C2 → A2

  • C3 et C4 → A3

Ces drones sont conçus pour la catégorie ouverte uniquement.



Classes C5 et C6 → Catégorie Spécifique (STS)


Exemples de marquage de classe C5 et C6 sur drones équipés parachute et système de terminaison de vol pour exploitation en catégorie Spécifique STS.

  • C5 → STS-01

  • C6 → STS-02


Ces classes ont été créées pour fonctionner exclusivement en catégorie spécifique.

Un drone C5 n’est pas un “C2 amélioré”. Il appartient à un autre cadre réglementaire.



3. Catégorie Ouverte : liberté encadrée


La catégorie ouverte fonctionne sans autorisation préalable de l’autorité aéronautique.

À condition de :

  • respecter les limitations de hauteur,

  • respecter les distances aux personnes,

  • utiliser un drone conforme à sa classe,

  • détenir la formation adaptée (A1/A3 ou A2).


Il n’y a pas :

  • de notification STS,

  • de dossier SORA,

  • d’autorisation d’exploitation DGAC.


Mais attention :

Les démarches liées à l’espace aérien restent applicables (arrêté Espace, préfecture, zones militaires, CTR)


4. Catégorie Spécifique : démonstration de sécurité


En catégorie spécifique, l’exploitant doit démontrer la sécurité de son opération :

  • soit via un STS (scénario standard),

  • soit via une SORA (Specific Operations Risk Assessment – analyse spécifique des risques d’exploitation) reconnue par la European Union Aviation Safety Agency.


Dans ce cadre :

  • Manuel d’exploitation obligatoire

  • Notification ou autorisation DGAC

  • Formation CATS + pratique STS


La logique est différente : on démontre avant d’exploiter.



5. Autorisations de vol : aucune différence entre Open et Spécifique


Point essentiel.

Que vous soyez en Open ou en Spécifique, vous devez :

  • respecter les restrictions d’espace aérien,

  • effectuer les démarches préfectorales si requises,

  • obtenir l’accord des gestionnaires d’aérodrome en CTR,

  • respecter les zones militaires réglementées.


La catégorie n’exonère jamais de ces obligations.

La seule différence porte sur la relation avec l’autorité aéronautique concernant le scénario d’exploitation.



6. Le rôle du poids : précision importante


Il est courant d’entendre :

“Au-dessus de 4 kg, on passe en catégorie spécifique”

Ce n’est pas tout à fait exact.

En réalité :

  • A2 est limité aux drones C2 (<4 kg)

  • A3 peut aller jusqu’à 25 kg (C3/C4)

  • C5/C6 relèvent de la catégorie spécifique


Des drones de moins de 4 kg peuvent être exploiter en catégorie spécifique.

Ce n’est pas le poids seul qui détermine la catégorie.

C’est la combinaison classe + opération.



7. Exemple concret (zone peuplée)


Un exploitant possède :

  • un drone de classe C5,

  • le certificat théorique CATS,

  • une formation pratique STS-01,

  • une expérience opérationnelle en catégorie Spécifique.


Il doit réaliser une mission simple en zone peuplée : prise de vues pour un chantier, un bâtiment communal ou un diagnostic de toiture.


Raisonnement intuitif

Mon drone est plus sûr qu’un C2, je suis mieux formé qu’un pilote A2, donc je peux exploiter en catégorie Ouverte A2 ou A1

Réalité réglementaire

Ce raisonnement est faux.

Pourquoi ?

  • Les sous-catégories A1/A3 - A2 sont réservées aux drones C0 à C4.

  • Le drone utilisé est C5 → juridiquement rattaché à la catégorie Spécifique.

  • Le télépilote est formé pour la Spécifique, pas pour l’Ouverte.


Il ne peut donc pas exploiter en A1/A3 - A2.


Ce qu’il doit faire pour exploiter en catégorie Ouverte


S’il souhaite réellement exploiter dans ce cadre, il devra :

  • Utiliser un drone de classe C2 (pour A2) ou C0 ou C1 (pour le A1/A3),

  • Détenir la formation A1/A3,

  • Puis le BAPD (examen A2),

  • En complément, le CATS reste requis s’il souhaite conserver une capacité d’exploitation en Spécifique.


Autrement dit :

Il ne “convertit” pas sa formation STS vers l’Open - Il doit acquérir la formation propre à l’Open

Ce que montre cet exemple


Même si un télépilote est :

  • plus formé,

  • différemment formé,

il ne peut exploiter que dans les cadres pour lesquels la formation ET la classe du drone correspondent.

En drone, les formations ne se cumulent pas comme des niveaux - Elles s’additionnent par cadres distincts


Une question revient alors fréquemment : que se passe-t-il lorsqu’un drone initialement classé C2 est modifié pour devenir C5, puis exploité sans ses équipements C5 ?


Classe d’origine, modification C5 et retour en classe de base


Un drone exploité en configuration C5 reste juridiquement C5 uniquement lorsqu’il est utilisé avec ses équipements C5 certifiés(FTS – Flight Termination System / Système de terminaison de vol + parachute installés et opérationnels).


Lorsqu’un drone issu d’une plateforme initialement classée C2 ou C3 est modifié par une société habilitée (intégrateur parachute / FTS), il obtient une nouvelle conformité C5 liée à cette configuration.


Si les équipements C5 sont retirés ou désactivés :

→ Le drone revient juridiquement dans sa classe de base documentée (le plus souvent C3, selon la chaîne de conformité),→ Il n’est pas exploitable en A2.


Pour exploiter en catégorie Ouverte A2, il faut :

→ Un drone classé C2,→ La formation A1/A3,→ Le BAPD (A2),

même si le télépilote possède le CATS ou une formation STS.



8 - Quel parcours selon votre objectif d’exploitation ?


Pour clarifier les chemins possibles, voici deux parcours types selon l’objectif d’exploitation.


1- Parcours pour exploiter en Catégorie Ouverte (zone peuplée – A2)

Objectif : voler à proximité raisonnable de personnes, dans le respect du cadre Open.


Matériel requis

  • Drone de classe C2


Formation requise

  1. A1/A3 (formation + examen en ligne)

  2. BAPD (A2)

    • Examen complémentaire

    • Autoformation pratique déclarée


Démarches opérationnelles

  • Respect des hauteurs et distances réglementaires

  • Vérification des restrictions d’espace (arrêté Espace)

  • Démarches préfectorales si nécessaires

→ Aucun STS → Aucun dossier SORA → Aucun manuel d’exploitation requis


2- Parcours pour exploiter en Catégorie Spécifique (zone peuplée – STS-01)

Objectif : exploiter un drone C5 en environnement urbain avec périmètre contrôlé.


Matériel requis

  • Drone de classe C5


Formation requise

  1. CATS (certificat théorique spécifique)

  2. Formation pratique STS-01

  3. Attestation de formation pratique


Démarches opérationnelles

  • Manuel d’exploitation

  • Notification STS à l’autorité

  • Respect arrêté Espace

  • Démarches préfectorales si applicables


Ce que cela démontre

Un télépilote peut :

  • Détenir le CATS

  • Être formé STS

  • Avoir une expérience avancée

Et malgré cela :

Ne pas pouvoir exploiter en A2 s’il n’a pas :

  • Un drone C2

  • La formation A2 (BAPD)



9. Pourquoi cette architecture existe


Le système européen a séparé :

  • le cadre simplifié (Open),

  • le cadre démontré (Spécifique).


Ce ne sont pas des niveaux de compétence. Ce sont des architectures réglementaires distinctes.



10. Conclusion


En exploitation drone :

La compétence ne remplace pas la cohérence réglementaire.

La bonne combinaison est :

  • le bon drone,

  • la bonne classe,

  • la bonne formation,

  • le bon cadre d’exploitation.


“Qui peut le plus peut le moins” → Faux en droit drone


Et bien sûr, cher lecteur, comme d'habitude : Votre mission, si toutefois vous l’acceptez, est de poser vos questions , de partager votre expérience terrain en commentaire pour lever vos doutes et enrichir la discussion. Comme toujours, si vos commentaires venaient à déraper, nous nierions en avoir eu connaissance. Ce fil de discussion ne s’autodétruira pas dans cinq secondes… alors profitons-en pour échanger de façon constructive et courtoise. Bonne chance !












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